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PINK SCREENS 2010, BRUXELLES par Laurent Herrou

by benoit

 

D’abord tu n’y crois pas. Tu sors de l’hôtel, tu tournes à droite, tu empruntes la Galerie du Prince, tu en ressors à l’autre bout, tu tournes à droite et tu y es — ce qui veut dire que si tu tournes à gauche en sortant de l’hôtel, et encore à gauche au coin de la rue, tu obtiens le même résultat.
Tu résumes : l’hôtel et le cinéma sont dans le même bloc.
Plus ou moins, on ne revient pas sur les détails.

Tu lèves les yeux parce que tu as l’impression qu’un char de Carnaval s’est encastré dans la façade de l’immeuble, mais c’est bien là. Tu es au Nova. C’est ici que ça a lieu. C’est au centre ville, c’est à deux pas de la Grand Place, tu te dis que c’est sur les circuits touristiques — d’ailleurs, des bus rouges et jaunes sur deux étages croisent ton chemin régulièrement.
Tu entres, les programmes sont à disposition, tu en prends plusieurs, tu vérifies l’heure de la première séance — un film américain sur une adolescente en pleine crise d’identité. Tu feuillètes les pages de la programmation, tu te dis que tu as raté beaucoup de choses mais tu ne peux pas tout faire.

Tu reviens à l’heure dite, un peu avant pour rencontrer les programmateurs et récupérer ton pass. Tu t’es armé de courage, tu te dis qu’il va falloir batailler sûrement, montrer patte blanche. Tu es surpris que ça se passe avec le sourire et que ça prenne une dizaine de minutes tout au plus. On te propose le balcon parce que tu y seras mieux — en effet : non seulement tu seras plus tranquille, mais tu pourras admirer le processus de doublage révolutionnaire qui allège les coûts de distribution des films à l’étranger. Tu t’installes, le film te surprend : il te plaît, tu t’attendais à une bluette, mais non.
Tu en discutes avec Fred A. qui boit une bière au bar, au sous-sol. Tu notes que la vie est plus simple quand la salle de cinéma est couplée avec un bar digne de ce nom où non seulement on passe de la (bonne) musique, mais on sert à dîner. Tu ondules un peu des reins au rythme des basses, parce que tu te sens bien aux Pink Screens et que tout y est facile.

Le séjour ne démentira pas cela.

Tu vois des court-métrages pornographiques féministes, tu découvres un réalisateur allemand que tu ne connaissais pas, tu assistes en avant-première belge (mais tu as eu l’honneur de le voir et de le primer à la Queer Palm de Cannes) au dernier film de Greg Araki. La salle est vivante, elle tape dans les mains quand la réplique fait mouche — la fille bande les yeux de son copain le soir de son anniversaire, elle est rejointe sur le lit par un autre homme dont la bouche s’active sur la poitrine du garçon attaché : le bandeau tombe, les corps s’emmêlent, le public applaudit.
Tu rencontres l’équipe, tu parles cinéma, tu prends des contacts, tu noues des liens, tu échanges des adresses mail et des numéros de téléphone, tu n’en reviens pas, au retour en France, de ce que deux jours aux Pink Screens t’ont apporté en opportunités et en satisfactions.

Tu te dis que tu reviendras pour les 10 ans, l’année prochaine.
Tu racontes, tu voies les sourires qui naissent sur les visages de ta propre équipe et ton enthousiasme est communicatif.
Tu dis que c’est ce que tu veux : un festival qui est une fête.

Vous vous y employez.

Laurent Herrou

Quartier d’été, saison 3 : un week-end de folie

by thomas
Les Ouvreurs étaient sur le pont pour un week-end qui a tenu toute ses promesses. 
Etape 1 – Soirée « Carabet » –  Vendredi 9 juillet
Lancement de la 2e saison de Quartier d’été, les projections en plein air gratuites au coeur du Vieux-Nice, co-organisées avec Lo Peolh Cinéma (Passeurs d’Images) et La Semeuse. 
En un mot, une soirée de rêve qui s’est déroulé exactement comme nous l’avions imaginée. Dans le cadre magique des Terrains de tennis de la Semeuse, accrochés à la colline du Château, la tête dans les étoiles, un public incroyablement divers, de près d’une centaine de personnes, est venu entendre et voir Loïc Bettini et ses marionnettes, Johanna Piraino et son accordéon, Liza Minelli et son Cabaret… Un programme complet qui a ravi petits et grands, agrémenté comme à l’habitude par un apéro convivial offert par Les Ouvreurs. Le noir venu, les bobines ont entamé leur danse pour donner vie au Kit Kat Klub et ses numéros musicaux fabuleux. Cabaret de Bob Fosse a réussi le pari fou d’offrir l’une des comédies musicales jazz les plus sensuelles, une réflexion politique passionnante sur les derniers soubresauts d’un monde au bord du précipice, la République allemande de Weimar avant l’avènement du nazisme. Un classique qu’il était appréciable de faire (re)découvrir dans une superbe copie restaurée. Quartier d’été commence donc sur les chapeaux de roue.
 



Etape 2 – Pink Parade – Samedi 10 Juillet 
Septième édition de la Pink Parade, la marche des fiertés gays et lesbiennes organisé e par Aglae. Cette année Les Ouvreurs ont partagé avec SIS et La Mutualité française l’une des nombreux chars du cortège. Pas difficile de nous repérer avec la monstrueuse capote rose qui le surmontait, au pied de laquelle se trémoussaient nos deux plus jeunes Ouvreurs, Louis et Marc. Arpentant le bitume, une petite équipe a inlassablement distribué par centaines à la foule survoltée des drapeaux et flyers «I love sex», des kits «eat & love» (fruits secs + préservatifs), des préservatifs féminins… Des échanges réjouissants dans la bonne humeur générale.
Merci à Sophie, Stéphane et Jean-Pierre (à la manoeuvre du bolide) pour SIS ; Renée pour le CDAG ; Blaise, Michèle, Eric, Louis, Marc, Loïc, Sébastien, Benoît pour Les Ouvreurs.
  

Retour sur le tournoi de « futebol »

by thomas
Dimanche 27 juin, parc du Castel des deux rois, ils étaient tous là ou presque…
HELIOTROPE, LO PEOLH CINEMA, LE LABO PHOTO, GALETTE PRODUCTION, PANDA, LES OUVREURS et LES ARCHIVES AUDIOVISUELLES DE MONACO.
Une finale qui a tenu toutes ses promesses entre Le Labo Photo et Galette : 3 à 2 obtenu dans la dernière minute des prolongations.
Petite finale gagnée aussi sur le fil (3 à 2) par Héliotrope contre les Panda, visiblement émoussés par leurs attaques du pastis avant le match.
Tout de orange vêtus, ils auraient mérité aussi de monter sur le podium : Lo Peolh, car eux au moins, c’était une équipe mixte.
« Prix du fair-play et de la bonne humeur » aux Ouvreurs qui proposent un tournoi de bitch-volley l’année prochaine.
Merci et bravo à toutes les équipes participantes. A bientôt, derrière un ballon ou devant un écran.
Par Laurent Tremeau (Héliotrope)

PINK PARADE 2010, la 7e marche des fiertés de Nice

by benoit
Pour la septième année, l’association Aglaé présente sa Pink Parade, le samedi 10 juillet, à partir de 16h00. Cette année, le mot d’ordre choisi est Tous unis contre l’homophobie. Rendez-vous est donné à 16h00 au Kiosque à Musique – Jardin Albert 1er pour un départ vers 17h00. Le tradition Pink Drink Apéro viendra clore ce grand moment de revendication dans la fête. Plus d’infos sur les autres manifestations qui accompagnent cet événement ici : www.aglae06.fr

A cette occasion Les Ouvreurs partagent un char avec Sida Info Service et la Mutualité française. L’occasion d’informer sur nos campagnes d’action en faveur de la lutte contre les discriminations auprès des jeunes.

Depuis trois ans, nous intervenons dans les établissements scolaires niçois lors de séances de sensibilisation visant à parler des sexualités et des questions de genre à partir du cinéma (Courts métrages Jeune et homo sous le regard des autres).
De plus, nous allons participer à la Semaine des Droits de l’enfant, en novembre 2010, et nous allons co-organiser un Colloque « Lutter contre l’homophobie à l’Ecole » au début de l’année 2011.
Venez nombreux nous soutenir et marcher avec nous.

 

Quartier d’été, saison 2 : Cabaret

by benoit
Les Ouvreurs, Lo Peolh Cinéma et la Semeuse s’associent une nouvelle fois pour proposer du cinéma de plein air, dans l’esprit des premiers temps du 7ème Art. Des projections gratuites, tous les vendredis à la tombée de la nuit, au coeur du Vieux Nice (Tennis de la Semeuse, Rue des Serruriers)/
La soirée d’ouverture aura lieu le VENDREDI 9 JUILLET, à 21h00, avec le film CABARET, une des plus troublantes comédies musicales de l’histoire du cinéma américain. Cette projection s’inscrit dans le cadre du dispositif Passeurs d’Images  et ouvre un  cycle cinéma « en-chanté. Et pour attendre la nuit, vous pourrez (re)découvrir LOÏC BETTINI ET SES MARIONNETTES (extrait du spectacle «Voyage») ainsi que l’accordéon en ballade de JOHANNA PIRAINO.
CABARET 
de Bob Fosse (Etats-Unis, 1972, 2h04, vost) avec Liza Minelli, Michael York et Helmut Griem
Berlin, années 30. Sally Bowles, chanteuse vedette du Kit Kat Club tombe amoureuse de Brian Roberts, jeune étudiant anglais venu goûter au rythme effréné de la capitale allemande. Mais le pays est en train d’entrer dans la période la plus sombre de son histoire. Chorégraphe célèbre à Broadway, Bob Fosse, passé à la réalisation en 1968 avec Sweet Charity, connaît un renom international avec Cabaret en 1972, adaptation de nouvelles de Christopher Isherwood et de la pièce « I am camera » de John Van Druten. Le film reçoit huit Oscars dont celui du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice pour Liza Minelli.

Queer Palm 2010 : KABOOM de Gregg ARAKI

by benoit
Le jury de la première Queer Palm a décerné le prix à Gregg Araki pour son film KABOOM, présenté en sélection officielle (hors compétition). Le prix a été remis samedi 22 mai à 18h au Zanzibar, plus ancien bar gay d’Europe, symbole des nuits cannoises pendant le festival. Les Ouvreurs vous donne rendez-vous au troisième trimestre 2010 pour découvrir le film en salle.

LE FILM 
KABOOM de Gregg Araki, avec Thomas Dekker, Haley Bennett, Chris Zylka, Roxane Mesquida et Juno Temple
Smith mène une vie tranquille sur le campus – il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet – jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité

EXTRAIT

SUR LE WEB

GREGG ARAKI
Issue d’une famille américano-japonaise, Gregg Araki grandit à Santa Barbara etet étudie le cinéma à l’USC.
En 1987, Gregg Araki écrit, réalise et produit son premier long-métrage, Tree bewildered people in the night, primé au Festival de Locarno, où il explore déjà des thèmes, trio amoureux, utopie sexuelle, qui traversent toute son oeuvre. Il tourne en 1989, dans les mêmes conditions The long weekend (o’despair), portrait de lycéens en mal de vivre. The Living end, son troisième film, présenté au Festival de Sundance, dynamite les codes de la représentation de l’homosexualité, au travers du road-movie ultra-violent de deux amants séropositifs.
En trois films, Gregg Araki est devenu une référence de la jeune création cinématographique indépendante américaine. Son ton décalé et trash s’expriment pleinement dans sa Teen Apocalypse trilogie. Totaly f***ed up (1993), The Doom génération (1995) et Nowhere (1997), suivent, chacun à leur manière les errances de jeunes homosexuels entre sexe et nihilisme.
En 2004, entre deux comédies plus légères (Splendor en 1999 et Smiley Face en 2008) Gregg Araki surprend son public et les critiques avec Mysterious skin, un film d’une gravité  inhabituelle. Adaptée d’un roman de Scott Heim il y aborde avec beaucoup de pudeur et de délicatesse le thème de la pédophile, s’autorise des moment onirique étonnants.
Son dernier film, Kaboom, qui retrouve le ton et les thèmes de la trilogie des années 90, est présentée, hors compétition, au 63e festival de Cannes, en mai 2010.

Queer Palm, enfin un prix « gay » pour le 63e Festival de Cannes

by benoit
Le plus grand festival de cinéma du monde se devait d’avoir son prix «gay», après la Berlinade, pionnière en la matière avec les Teddy Awards depuis 1987, suivis en 2007 par le Queer Lion du Festival de Venise.

L’annonce de la création d’une Queer palm pour la 63e édition du Festival de Cannes (12-23 mai 2010) est une bonne nouvelle pour les amateurs de cinéma. Initié par Franck Finance-Madureiras, journaliste de son état, il s’agit de récompenser un film pour sa contribution aux questions lesbiennes, gays, bi ou trans, parmi ceux présentés toutes sélections confondues : Sélection officielle, Un Certain Regard, La Semaine de la Critique, La Quinzaine des réalisateurs.

La Queer Palm est parrainée par Olivier Ducastel et Jacques Martineau (allez lire le dialogue qu’ils ont inventé pour l’occasion) des réalisateurs que les fidèles d’In & Out connaissent bien désormais.

A noter que les Ouvreurs participent pleinement à l’aventure puisque Benoît Arnulf, directeur artistique des Rencontres In & Out, est membre du jury de la Queer Palm au côté de Florence Ben Sadoun (Directrice de la rédaction de Première) Romain Charbon (Journaliste cinéma à Têtu & les Inrockuptibles), Mike Goodridge (Directeur de la publication de Screen International), Xavier Leherpeur (Journaliste cinéma à Studio Ciné Live), Ivan Mitifiot (Coordinateur d’Ecrans Mixtes, Rencontres de cinéma gay et lesbien de Lyon), Pascale Ourbih (Présidente du festival « Chéries chéris », Festival de films gays, lesbiens, trans et +++ de Paris) et Brian Robinson (Programmateur du Festival du film lesbien et gay de Londres)

+ d’info sur la Queer Palm

Hommage à Magnus Hirschfeld, samedi 10 avril au Cimetière Caucade

Magnifique journée et soleil radieux sur le Cimetière de Caucade ce samedi 10 avril 2010. Notre petite délégation, une vingtaine de personnes, a traversé l’allée de l’Egalité pour se recueillir quelques instants sur l’imposante tombe du Docteur Magnus Hirschfeld, mort à Nice en 1935. Pour le 75e anniversaire de sa mort, les Ouvreurs souhaitaient lui rendre hommage avant la diffusion, le soir même, du film qui lui a permis de diffuser son message de tolérance, Différents des autres (1919).
Louis, le benjamin des Ouvreurs, a déposé la gerbe multicolore sur la magnifique stèle de granite ornée d’un médaillon de bronze. Les élus présents, Auguste Verola, Adjoint au Maire de Nice et Conseiller général, et Patrick Mottard, Conseiller général, ont prononcé quelques mots avant que Benoît Arnulf, président des Ouvreurs, ne rappelle les grands moments de la vie de ce précurseur de la lutte pour l’égalité des droits. 
Magnus Hirschfeld s’est engagé dès 1898 dans le combat pour l’abrogation du paragraphe 175 du code pénal allemand qui criminalisait les rapports entre adultes de même sexe. Dans le même temps, il a lancé, depuis son Institut de Recherche Sexuelle, fondé à Berlin en 1919, l’idée d’une grande et incroyablement moderne réforme sociale (égalité sexuelle, droit à l’avortement et à l’adoption, légalisation de l’homosexualité, prévention sexuelle des MST) qui n’a pu aboutir de son vivant. Ses origines juives et sa grande notoriété l’ont contraint à quitter l’Allemagne à l’avènement des Nazis et il a fini sa vie à Nice. 
Gravée dans la pierre, la devise de ce visionnaire synthétise parfaitement son juste combat : Per scientiam ad justitiam, que l’on peut traduire  par L’égalité grâce à la science. 

Les Ouvreurs remercient les élus, les représentants des associations Aglae et Sida Info Service et bien sûr les nombreux amis, d’avoir été présents pour ce très beau moment. Nous espérons, par cette initiative, redonner à ce haut lieu de notre Mémoire et de notre Histoire collective la place qu’il avait perdue, et appelons le plus grand nombre à redécouvrir l’héritage fondamental que Magnus Hirschfeld, par son action et ses combats, nous a légué. 

2377 spectateurs pour In & Out 2010

Nous sommes très heureux de pouvoir annoncer le chiffre de fréquentation de ces 2e Rencontres In & Out, confirmant l’impression générale de bonne affluence qui nous a accompagnés tout au long du festival.

In & Out a réuni cette année 2377 spectateurs et visiteurs, soit près de 500 de plus que l’an dernier pour une moyenne de 300 personnes par jour. Nous nous souviendrons de la superbe soirée d’ouverture à la Cinémathèque de Nice, des salles combles du Cinéma Le Mercury pour accueillir Sébastien Lifshitz, Olivier Ducastel et Jacques Martineau, Panos H. Koutras ou l’incroyable double soirée de clôture G&L, des très belles séances de la Villa Arson et de l’Auditorium du MAMAC, mais aussi des nombreux moments de convivialité, cocktails à thèmes et soirées dans les établissements partenaires (Smarties, Madmoizelles au Blue, Malabar Station et Crazy, qui porte bien son nom).
2377 spectateurs qui nous ont fait confiance et que nous remercions en espérant qu’ils ont autant apprécié le festival, ses films et son ambiance que nous avons apprécié les accueillir et les rencontrer.
A l’année prochaine

(photo Richard VonDiesel / richard@vondiesel.net, merci à lui pour sa présence à nos côtés et son talent)

La Moussaka attaque le Mercury

by benoit

Lundi 12 avril au Cinéma Le Mercury a eu lieu une séance mémorable en présence du réalisateur grec Panos Koutras, venu nous raconter comment il a oser L’Attaque de la Moussaka Géante, le film le plus kitch et foutraque de l’histoire du cinéma. Un moment mémorable pour tous les amateurs de bis, films z et autres bizarreries. Avec dégustation de moussaka « maison » en prime.

L’Attaque de la Moussaka Géante
envoyé par teneox. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

Disparition de Gilbert Lugara

by benoit
Nous apprenons avec une grande tristesse la disparition récente de Gilbert Lugara responsable « Événements et Salons » de la librairie Le Panorama du Livre puis de l’Association 4AC (Association Actions Animations Artistiques et Culturelles)
Nous nous souviendrons toujours de sa bonne humeur, de son énergie et de passion pour les livres qui l’on conduit à organiser durant de nombreuses années plusieurs Salons de littérature azuréens : Festival Courants d’Ère Saint Jean Cap Ferrat, Le livre dans la rue à La Gaude, Journée des livres et des écrivains à St Laurent Du Var.
Les obsèques civiles ont eu lieu vendredi 26 mars 2010 à 14 heures à l’athanée de Cagnes sur Mer, cimetière de la Buffe, suivies de l’inhumation. Un modeste hommage au regard de son travail lui sera rendu durant les Rencontres In & Out 2010.
« So long » Gilbert.

2e Rencontres In & Out 2010, un festival gay et lesbien sous le signe de la Mémoire



 

Pour sa 2e édition, In & Out, le festival du film gay et lesbien de Nice, poursuit ses efforts d’éclectisme et de militantisme, en se plaçant sous le signe d’une thématique centrale «Mémoire & mémoires».

Cette année encore, la priorité est donnée à la diversité avec plus de 30 films projetés, courts et long métrages confondus, entre fictions et documentaires, films grand public et cinéma expérimental, premiers films ou chefs-d’oeuvres, films de genre et grands classiques.
Deux hommages sont rendus, l’un à Magnus HIRSCHFELD, sexologue munichois du début du XXème siècle qui compte parmi les premiers grands activistes de la cause homosexuelle, l’autre à l’écrivain français Hervé GUIBERT, autour d’une oeuvre de mots et d’images bouleversantes de sincérité.
Des rencontres sont prévues avec les cinéastes Sébastien LIFSHITZ, Panos H. KOUTRAS, Olivier DUCASTEL et Jacques MARTINEAU, Cynthia ARRA, Louis DUPONT et Jean-Gabriel PERIOT (Carte blanche à Héliotrope) permettant d’aborder de nombreuses thématiques, la question trans., la déportation des « triangles roses », la révolution cinématographique Queer des années 90, l’homosexualité dans le sport, l’homosexualité vue de Grèce.
Et pour les filles, In & Out a déroulé le tapis rouge avec deux nouveautés et un film culte, qui s’offrent les places de choix, le cinéma lesbien faisant l’ouvertue (Ghosted de Monica Treut) et la clôture (El nino pez de Lucia Puenzo) du festival. Entre les deux, vous aurez le plaisir de pouvoir revoir le néo-polar ultra sexy Bound des Frères Wachowski.
Une programmation permettant à chacun de trouver ce qu’il attend ou d’être surpris par l’inattendu d’un festival ouvert sur le ville et sur le monde.

H&O, éditeur gay


Plus que les autres années, les Editions H&O accompagneront les Rencontres In & Out 2010. Deux auteurs publiés chez cette incontournable maison d’édition gay seront présents durant la manifestation : Laurent Herrou qui participe aux lectures/récits en l’hommage à Hervé Guibert le vendredi 09/04 &gt à L’Eclat-Villa Arson et Olivier Delorme qui anime la rencontre avec le réalisateur grec Panos H. Koutras le lundi 12/04 > Cinéma Le Mercury. Et bien entendu une sélection des plus récents titres des Editions H&O seront disponibles sur le stand in & out, accompagnant le festival dans tous les lieux qui l’accueille. 
Cette collaboration, que nous appelions de nos voeux et dont nous sommes très heureux, nous permet de revenir sur le parcours d’H&O et en vous invitant à visiter leur site pour y découvrir tous les merveilleux livres qu’il propose. 

 Pourquoi un éditeur gay ?

Parce que, depuis les années 80, le mouvement vers l’égalité des droits, dans le champ social, pour les lesbiennes et les gays s’est accompagné d’une libération de la parole et de la création, mais sans que les éditeurs existants donnent toute sa place à l’expression de cette différence. Aujourd’hui, l’homophobie a cessé d’être un comportement banalisé mais, en France, dans la littérature dite générale, l’homosexualité n’est encore trop souvent abordée que sous un angle anecdotique ou caricatural, à moins qu’elle ne soit toujours traitée comme un  » douloureux problème « .
Depuis 1999, avec le souci constant de la qualité littéraire et en se tenant éloigné aussi bien de la provocation gratuite que du  » politiquement correct « , H&O a su créer un espace de liberté éditoriale afin que puissent s’exprimer les romanciers, sociologues, essayistes qui ont choisi d’explorer d’autres dimensions de l’homosexualité.

Un auteur ou un livre gay ne s’adressent-ils qu’aux gays ?
Proust ou Wilde, Tondelli et Navarre, Gore Vidal ou Sarah Waters ; Corydon, Alexis ou le traité du vain combat, Maurice ou Les Chroniques de San Francisco ne se sont-ils adressés qu’aux gays ? Pourquoi ce qui est vrai d’auteurs devenus classiques et qui ont mis, en leur temps, l’homosexualité au c¦ur de leur ¦uvre, même si la morale dominante les a parfois conduits à travestir ou à dissimuler, ne le serait-il pas aujourd’hui d’écrivains que ne menace plus la censure, que l’évolution de la société a libérés dans leur expression ? Pourquoi ce qui provoque l’engouement dans la littérature étrangère serait-il, dans les lettres françaises, l’expression d’un communautarisme borné ? Pourquoi écrire à partir d’un vécu, d’émotions sensuelles et de sentiments amoureux différents de ceux de la majorité empêcherait-il d’atteindre à l’universel, de passionner, bouleverser, faire réfléchir qui n’a pas la même sexualité que soi ?
H&O n’a pas voulu créer un ghetto littéraire d’ouvrages écrits par des gays à l’usage exclusif des gays. Bien au contraire, les livres que nous publions, écrits par des auteurs homosexuels ou non, peuvent passionner, bouleverser ou faire réfléchir tous les publics parce qu’une personne homosexuelle ne se réduit pas plus à sa sexualité qu’un livre bâti autour d’un personnage homosexuel à cette seule dimension, parce que la société d’aujourd’hui, les tourments de l’histoire et du monde, les sentiments, la complexité humaine y sont également présents, parce que l’exploration de l’altérité est un des ressorts majeurs de la lecture.

Et le sexe dans tout ça ?
H&O édite aussi une collection d’érotiques parce que l’érotisme est une dimension de la littérature depuis que la littérature existe. Mais tous les livres d’H&O n’ont pas un propos érotique. Oui, il est question dans nos livres d’amours entre personnes du même sexe ; oui, la sensualité homosexuelle y est présente, mais ni plus ni moins, ni plus ni moins crûment que la sensualité hétérosexuelle dans la littérature générale. Et de manière plutôt moins scabreuse, provoquante, ou potentiellement choquante pour certains publics, que dans bien des succès de librairie de ces dernières années.
Pourquoi alors la visibilité des uns serait-elle acceptable quand celle des autres serait scandaleuse ? À l’heure où, partout en Europe, se développe la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, pourquoi la littérature qui prend pour sujet l’homosexualité devrait-elle être reléguée dans un coin sombre ou, pire encore, ignorée ? Avec plus de cent titres à son catalogue, H&O s’est imposé dans le paysage éditorial grâce à des auteurs qui, malgré leur talent, malgré la qualité de leur écriture, malgré la richesse de leur imaginaire ou de leurs recherches, ne trouvaient pas d’espace pour s’exprimer. En six ans d’existence, H&O n’a cessé de captiver de nouveaux lecteurs, et nous savons que nous pouvons en conquérir bien plus encore.

Bonne lecture à tous et à toutes !

Invités 2010


Sébastien Lifshitz 

07/04 19h00 Le Mercury
A la suite d’études en histoire de l’art, Sébastien Lifshitz travaille  dès 1990 dans le milieu de l’art contemporain que ce soit comme assistant auprès du curator Bernard Blistène au Centre Pompidou ou auprès de la photographe plasticienne Suzanne Lafont. En 1994, il se tourne vers le cinéma et réalise son premier court métrage, Il faut que je l’aime. Suivront en 1995, un documentaire sur la réalisatrice Claire Denis, et en 1998, le moyen métrage, Les Corps Ouverts. Salué dans de nombreux festivals internationaux dont Cannes et Clermont-Ferrand, Les Corps Ouverts obtient le prix Jean Vigo et le prix Kodak du meilleur court métrage. En 1999, il réalise pour Arte un téléfilm, Les Terres Froides pour la série Gauche Droite, sélectionné à la Mostra Internationale de Venise. En 2000, il réalise son premier long métrage, Presque Rien, salué par la critique qui connaîtra une carrière internationale. En 2002, il réalise son deuxième long métrage, La Traversée, road-movie documentaire sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes. Puis en 2004, il se lance dans la réalisation de Wild Side. Le film sera sélectionné dans de nombreux festivals nationaux et internationaux, et remportera, entre autres récompenses, le Teddy Award au Festival de Berlin. En 2008, il entreprend le tournage de son nouveau long métrage, Plein Sud, qui sortira sur les écrans fin 2009 et qui sera présenté au prochain festival de Berlin.

Olivier Ducastel et Jacques Martineau 

10/04 19h00 Le Mercury 
En 1995, Olivier Ducastel, cinéaste formé à l’IDHEC et ancien assistant de Jacques Demy sur Trois places pour le 26, rencontre Jacques Martineau, cinéphile et professeur de Lettres à l’Université de Nanterre. Ensemble, ils se lancent dans l’écriture et la réalisation d’un premier film très audacieux, Jeanne et le garçon formidable, comédie musicale autour du SIDA.
Après ce premier succès critique, entre sélection officielle au Festival de Berlin et nomination aux Césars, ils tournent Drôle de Félix (2000), un émouvant road-movie avec Sami Bouajila, Ma vraie vie à Rouen (2003) une chronique caméra au poing sur l’éveil à la sexualité, Crustacés et coquillages (2005) avec Valérie Bruni-Tedeschi et Gilbert Melki, Né en 68 (2008) avec Laetitia Casta.  Leur dernier film L’arbre et la forêt (2009) avec Guy Marchand et Françoise Fabian, aborde pour la première fois le sujet tabou de la déportation des homosexuels français durant l’occupation.

Cynthia Arra

11/04 15h00 Auditorium du MAMAC
Cynthia Arra a suivi une formation de multimédia spécialisée en vidéo et montage à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris comme assistante réalisatrice et a réalisé un court métrage en pellicule super 16 mm La mort en douce en 2005 avant de co-réaliser L’Ordre des mots.
Vincent He-Say 
Acteur du film L’ordre des mots, Vincent He-say est trans’ activiste, cofondateur du GAT (Groupe activiste trans’) (http://transencolere.free.fr) et coanimateur de l’émission radio Bistouri-oui-oui (http://bistouriouioui.free.fr.).

Louis Dupont
11/04 17h15 Auditorium du MAMAC

Né en 1969, Louis Dupont effectue des études dans la création publicitaire, le théâtre, le cinéma et les arts plastiques. En parallèle, il travaille au Théâtre de la Cité à Nice, tout d’abord comme assistant du metteur en scène, Meyer Cohen, puis comme enseignant d’Art Dramatique. En 1994, il initie un atelier multiculturel (théâtre, photo, écriture, cinéma et vidéo) baptisé Le Tremplin ouvert aux jeunes (18/30 ans) sans domicile fixe. 

En parallèle, il écrit pièces de théâtre et scenarii et tourne, dans de nombreux formats et supports: Les garçons de la plage, Pin’up Boys, Les Garçons de la Piscine. Il effectue là un véritable travaille de recherche plastique et formelle qui l’amène à revoir les procédés mêmes de narration classique. En 2001,  il initie avec le soutien du Collectif Jeune Cinéma, des séances de cinéma intitulées « En avant la toute jeune garde ! » au cours desquelles ses élèves d’ateliers présentent leurs travaux. Remarquées par Maurice Lemaître, « En avant la toute jeune garde ! » reçoit le Prix de l’Avant-garde en 2004. Dans la même année, il crée le département Transmission et Sensibilisation du Collectif Jeune Cinéma qu’il dirige jusqu’en mars 2007.

Jean-Gabriel Périot 

11/04 19h00 Auditorium du MAMAC
VERSION 1 / Baby-Sitter, serveur, vendeur de vêtements, vendeur de souvenirs touristiques, ouvrier sur bateau de plaisance, animateur de supermarché, vendeur de vidéocassettes, télévendeur pour magasin de canapés, assistant sur des ventes aux enchères de faux éléments architecturaux anciens, stagiaire, assistant réalisateur, assistant monteur, monteur, animateur en centres de vacances, secrétaire, programmateur pour chaîne câblée, journaliste, réalisateur, artiste… 
VERSION 2 / Né en France en 1974, Jean-Gabriel Périot a réalisé plusieurs courts métrages à la frontière du documentaire, de l’animation et de l’expérimental. Il développe son propre style de montage qui interroge la violence et l’histoire à partir d’archives filmiques et photographiques. Ses derniers films, dont Dies Irae, Eût-elle été criminelle… et Nijuman no borei (200.000 fantômes) ont reçu de nombreuses récompenses.

Panos H. Koutras

12/04 19h00 Le Mercury
Né à Athènes, Panos H. Koutras partage ses études entre la London Film School et la Sorbonne. Il réalise plusieurs courts métrages dont The Fall and Rise of Lydia Von Burer, primé au Festival du Film Méditerranée Arte Mare de Bastia. 
En 1995, il fonde une société de production 100% Synthetic Films et tourne: L’Attaque de la Moussaka géante, qui sort en 1999, Objet Filmique Non Identifié  sélectionné dans plusieurs festivals de films gays et lesbiens. En 2004, avec Alithini Zoi, il change  de style en tournant un mélodrame, salué par le Prix de l’Association Grecque de la critique au 45ème Festival de Thessalonique. Son dernier film Strella dans l’univers transsexuel, se heurte toutefois à la frilosité des producteurs grecs. Autoproduit, le film est sélectionné à la Berlinade 2009.

Olivier Delorme

12/04 19h00 Le Mercury
Olivier Delorme s’est, très jeune, pris de passion pour une Grèce qu’il fréquente assidûment depuis 1973. Historien de formation, il consacre sa vie à l’écriture romanesque depuis la publication de son premier roman, Les Ombres du levant (Critérion, 1996). Sur l’île de Nisyros, un volcan de l’Egée orientale, il écrit pour les éditions H&O les livres suivants : Le Plongeon (2002), Le Château du silence (2003), La Quatrième Révélation (2005), L’Or d’Alexandre (2008) et enfin Comment je n’ai pas eu le Goncourt (2009). dont le héros, écrivain, est arraché à son île pour être jeté dans une course aux prix littéraires transformée en mortelle et drolatique randonnée.

Avancée historique en matière de droit des trans.

La question trans, grande thématique qu’a choisi de mettre en avant les prochaines Rencontres In & Out (6-13 avril 2010), s’est invitée de manière inattendue et très positive dans l’actualité politique française de ce début d’année.

En effet, nouvelle grande victoire sur le plan du droit des queer,  le transsexualisme n’est plus considéré comme une maladie mentale en France, premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques, par un décret publié au Journal officiel. Ce décret du ministère de la Santé supprime «les troubles précoces de l’identité de genre» d’un article du code de la Sécurité sociale relatif aux « affections psychiatriques de longue durée.« 

Cette avancée historique s’inscrit dans continuité de l’instauration du PACS en 1998 et de la grande période de libéralisation qu’avait ouverte l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République : loi du 4 août 1981 permettant d’ amnistier les outrages publics à la pudeur aggravés pour l’homosexualité ainsi que les actes contre nature réalisés avec un mineur de 18 ans ; loi du 4 août 1982 mettant fin à l’inégalité dans l’âge de la majorité sexuelle entre hétérosexuels (15 ans) et homosexuels (18 ans) ; loi du 13 juillet 1983 abrogeant l’article 40 du Code de la fonction publique qui disposait qu’un fonctionnaire doit être de bonne moralité ; suppression de l’alinéa 2 de l’article 331 du code pénal, hérité du régime de Vichy, qui incriminait « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe »; instructions mettant fin aux aux discriminations exercées par les services de police à l’égard des homosexuel et retrait de l’homoxesualité de la liste des maladies mentales.

La France est le premier pays au monde à ne plus considérer le transsexualisme comme pathologie mentale, s’est félicité vendredi auprès de l’AFP Joël Bedos, responsable français au Comité IDAHO (International Day Against Homophobia and transphobia).

En illustration, une image du film « L’ordre des mots » de Cynthia et Melissa ARRA, programmé lors des Rencontres In & Out 2010 dans la section « Documentaires au présent ».

Source AFP, Marianne et Tétu

Bruxelle Plic Ploc, par Laurent Herrou & Jeanpierre Paringaux

En attendant de découvrir Laurent Herrou lors de la journée hommage consacré à l’écrivain Hervé Guibert, durant les rencontres In & Out 2010, le site publie.net propose depuis quelques semaines sa dernière des publication, à quatre main avec Jeanpierre Paringaux.

Texte de présentation de l’éditeur

Le projet de la collection obéit depuis le début au désir de confronter le travail d’un plasticien avec celui d’un écrivain : jouer l’articulation d’un regard avec la parole ; prendre le parti du frottement contre celui de l’illustration, dispositif de circulations au risque de la porosité, et faire naître des hasards les plus belles correspondances.

Le travail que nous proposent l’écrivain Laurent Herrou et le photographe Jeanpierre Paringaux possède pour lui l’évidence d’une telle correspondance, parce que leur projet y est ici de part en part, et depuis quelques années, échange. Si chacun possède ses singularités, leur articulation joue l’un pour l’autre, en diffusion : les deux artistes travaillent l’un avec l’autre, c’est-à-dire aussi l’un contre la forme de l’autre, miroitement intense de l’image sur son écriture, et de l’écriture en regard de l’image.

Journal tenu lors d’une résidence à Bruxelles — la ville devient la plaque impressionnante où se réfléchit cette articulation : de la ville, on dira peut-être qu’elle finit par devenir le lieu de la rencontre, en point de fuite qu’on n’atteindra jamais. Est-ce que l’image est l’espace projeté dans lequel les textes se recueillent en précipices intimes ? ou leur conscience même, l’intériorité de ces fragments de journal, qui disent au jour le jour les lectures (Sagan) les rêves (ses peurs), les désirs (dans ses douleurs les plus profondes, les plus extrêmes) et les joies qui accompagnent le passage des jours ?

Mais la dialectique intérieur/extérieur est illusoire ici, parce qu’aucune secondarité ne fait fonctionner la machine désirante qu’est Bruxelles Plic Ploc — les deux formes ne cessent de questionner leur rapport : rapport sensible, rapport de force comme en l’autre trouver ses propres questions, rapport de faiblesse aussi, en ce que l’objectivité que ne cesse de renvoyer le monde ne suffit pas, n’est jamais suffisante en regard de la question qu’on lui adresse.

Devons-nous (me) déconstruire ensemble — comme je le fais seul de l’écriture, depuis tellement d’années — pour que j’aie une chance de (re)vivre ?


Solitudes essentielles qui s’affrontent au geste de montrer le monde, de le dire ; solitudes qui trouvent en elles-mêmes la possibilité de se rejoindre.
Arnaud Maïsetti

Et pour vous convaincre de l’usage des supports immatériels et électroniques en littérature, c’est ici.

Le Refuge de Montpellier a besoin de soutien

by benoit
Depuis que nous leur avons rendu visite, l’été dernier, pour nous rendre compte de l’énorme travail accomplie par Nicolas, Fréderic et tout l’équipe du Refuge, les choses ont beaucoup évolué.
A force de de mobiliser l’attention des élus, des médias et de tout ceux qui se sentent concerné par le devenir ses jeunes gay sans toit, plus personne n’ignore l’existence de ce lieu exemplaire et unique (jusqu’à l’ouverture prévue d’un deuxième refuge dans la région parisien).
Hélas, outre les grandes difficultés pour maintenir à flot le dispositif de pris en charge très couteux (en tentant d’augmenter la capacité d’hébergement devant les demandes croissante) un retour de bâton inattendu à cette belle visibilité est rapidement arrivée sous la forme de menace à l’encontre des jeunes hébergés dans la structure.
Les Ouvreurs relaient le communiqué des responsables du Refuge et encourage tout le monde à participer à la campagne d’envoie de lettre au président de la République pour l’inciter à réagir face à cette intolérable situation : 

Les responsables du Refuge, une association d’aide et de soutien à de jeunes homosexuels à Montpellier, ont annoncé jeudi qu’ils allaient porter plainte après avoir reçu des menaces de mort à l’encontre des jeunes que la structure héberge.
Avant cela, très inquiets pour la sûreté des jeunes, ils réclament « le soutien de la classe politique et des responsables associatifs ».
Ils souhaitent notamment que le maire (PS) de Montpellier, Hélène Mandroux, prenne des dispositions « pour assurer la sécurité des résidents ».
Structure unique en France, le Refuge accueille temporairement, dans plusieurs appartements qu’elle loue à Montpellier, des jeunes homosexuels, souvent rejetés par leur famille en raison de leur homosexualité.
Avant, toutes ces personnes on les enfermait dans les asiles vu qu’il leur manque des neurones, ils ont la tête creuse, ils préfèrent aimer contre nature », écrit notamment l’auteur du courrier. Dans un post-scriptum, celui-ci menace : « On connaît toutes les habitudes de vos protégés et croyez-nous on va les +criblés+ de plombs et les mettre en pièces détachées pour les punir« . La lettre est signée, l’écriture du nom pouvant donner lieu à plusieurs lectures.
Les responsables du Refuge ont déclaré à l’AFP qu’ils porteraient plainte lundi auprès du procureur de la République.
Le Refuge a fait l’objet de nombreux reportages dans les medias. Le photographe Jean-Marie Périer a recueilli récemment des témoignages de personnes hébergées qu’il a réunis dans un livre, « Casse-toi ».

MONTPELLIER, 18 février 2010 (AFP)

Campagne LIGNE AZUR dans les collèges et les lycées

Le ministère de l’Education nationale va mettre à disposition des lycées et collèges une affiche et des cartes mémo destinées aux jeunes se posant des questions sur leur orientation sexuelle. Ce matériel d’information et de sensibilisation renverra vers le dispositif Ligne Azur.

Le 3 février dernier, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel avait rappelé en clôture du 6ème forum de la Fondation Wyeth pour la santé des enfants et des adolescents, qu’il entendait s’attaquer en 2010 à l’ensemble des discriminations, y compris les discriminations liées à l’orientation sexuelle.

Extrait de son intervention  :

« Je ne saurais non plus accepter qu’un adolescent soit maltraité, voire harcelé, par ses camarades en raison de ses préférences sexuelles. Nous connaissons tous la douloureuse réalité des chiffres. Selon le dernier baromètre santé de l’INPES la prévalence des pensées suicidaires dans une année est de 12, 9 % chez les jeunes homosexuels et bisexuels alors qu’elle n’est que de 6, 4 % chez les jeunes hétérosexuels. Soit deux fois plus de pensées suicidaires chez les jeunes homosexuels et bisexuels. Plus dramatique encore, selon une étude de l’INSERM en 2005, les jeunes hommes homosexuels ont 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hommes hétérosexuels. 
Nous connaissons aussi la souffrance de celles et ceux qui s’interrogent sur leur sexualité. Voilà pourquoi j’ai tenu à ce que l’Éducation nationale lance dès le mois de mars une nouvelle campagne d’information sur la ligne Azur dans tous les lycées et les collèges. Il s’agit de faire connaître ce numéro d’écoute à ceux qui se posent des questions sur leurs préférences sexuelles. Il s’agit aussi de leur offrir un espace de partage, de dialogue et d’écoute pour combattre le repli sur soi, l’isolement et la peur du regard des autres. Dans le cadre du plan santé que je prépare, je tiens à intégrer un volet sur le bien-être et l’équilibre psychique des adolescents. Il me paraît dès lors essentiel de mettre en place un accompagnement plus personnalisé pour les jeunes en souffrance, notamment parce qu’ils s’interrogent. »



Teddy Awards 2010, la famille homoparentale et Werner Schroter à l’honneur

by benoit

Comme chaque année depuis 24 ans, en marge du tentaculaire Festival International du Film de Berlin, a lieu la cérémonie des Teddy Awards, qui récompensent les films queer présents dans la sélection officiel de la manifestation. Voici les résultats pour l’édition 2010 :

Pour le MEILLEUR FILM, 3 films étaient nominés Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman, The Kids Are Alright de Lisa Cholodenko et Mine vagantide Ferzan Ozpetek. Le Teddy 2010 du Meilleur Film revient à The Kids are alright de l’américaine Lisa Cholodenko, un film sur la famille homoparentale, où un couple de lesbienne (Julianne Moore et Annette Bening) décide de retrouver le père biologique de leur deux enfants, devenu adolescent. Selon le jury «  c’est avec brio et humour que la réalisatrice a su aborder les problématiques rencontrées par les couples lesbiens, mais aussi la complexité de la sexualité, des relations et des liens familiaux« .

Pour le MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE OU ESSAI, les 3 films nominés étaient I Shot My Love de Tomer Heymann, La bocca del lupo de Pietro Marcello et Postcard to Daddy de Michael Stock. Le Teddy Award du Meilleur Film documentaire a été attribué à La bocca del lupo de Pietro Marcello. Comme le dit le jury « grâce à la conception poétique d’un espace géographique qui lui est personnel, le réalisateur réussit à repousser les limites du film documentaire conventionnel. Une très belle méditation sur l’amour face au temps qui passe« .

Pour le MEILLEUR COURT METRAGE, les 3 films nominés étaient Covered de John Greyson, The Feast Of Stephen de James Franco, Franswa Sharl de Hannah Hilliard. Le Teddy Award du meilleur court-métrage a été attribué à James Franco pour son film The Feast Of Stephen. Selon le jury « Sans aucune peur, le réalisateur a su adapter à l’écran un poème qui aborde l’un des aspects les plus sombres de la passion et du fantasme adolescent« .

Un PRIX DU JURY a été décerné Open de Jake Yuzna et, le jury ayant tenu à saluer « les débuts courageux du cinéaste Jake Yuzna, qui avec son film Open, a su explorer toute l’étendue de l’amour et des relations transgenres« . 
De même comme chaque année le SPECIAL TEDDY AWARD a couronné la carrière et les films du réalisateur allemand Werner Schroeter. « Grand anticonformiste du Nouveau Cinéma allemand, expérimentaliste radical devenu incontournable à l’image des grands réalisateurs comme Fassbinder, Herzog ou Wenders. Il a été l’un des représentants majeurs du Jeune Cinéma allemand émergent, l’un des principaux exposants de la culture gay au sein du mouvement précoce d’émancipation de l’Allemagne de l’après-guerre. En réintroduisant des extraits de la culture européenne, de l’opéra et en prenant le meilleur des grandes émotions américaines, Werner Schroeter pense l’opéra. Il illustre nos désirs et présente des œuvres qui nous atteignent à la perfection. Les films de Werner Schroeter sont une sorte de révolution esthétique et d’inspiration émotionnelle dont la dénotation se situe bien au-delà des mots.« 


Ici, Werner Schroter reçoit un Lion d’or Spécial pour l’ensemble de son oeuvre, lors de la 65e Mostra de Venise, en 2008.

Rejoignez Les Ouvreurs

by benoit
… et devenez acteur des Rencontres cinématographiques In & Out,
le festival du Film Gay et Lesbien de Nice

Vous êtes passionné de cinéma ?
Vous désirez vous investir dans l’organisation d’un festival de qualité et rencontrer des professionnels du 7ème Art ?
Vous avez des idées à mettre en œuvre pour cet événement et pour des actions tout au long de l’année?

Nous avons besoin de vous

En 2010, Les Ouvreurs vont organiser les 2èmes Rencontres IN & OUT, début avril sur Nice, des séances en plein air tout l’été ainsi que des séances ponctuelles, en partenariat avec des associations de cinéphiles niçoises (Lo Peolh Cinéma, ADN, Héliotrope). Par ailleurs, les Ouvreurs développent une action pédagogique dans les lycées niçois au travers de leur Séances Jeune publics.

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